mercredi 18 octobre 2017

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES. Chronique d'une avant-première









 17 octobre 2017

22:07

Les dithyrambes des spectateurs du Majestic de Lille, qui a fait salle comble pour cette avant-première, succèdent à un feu nourri d'applaudissements. Hélène et Bruno reviennent au devant de la salle accompagnés du maître de cérémonie, le Doctor Devo, initiateur des soirées Bon Chic Mauvais Genre.  Au micro, certains évoquent le voyage sensoriel que leur a inspiré le film, d'autres s'extasient devant la maestria technique et s'interrogent sur le découpage, le stroy-board, le son, les effets spéciaux et les lieux de tournage.

17:07

Je relis quelques notes prises sur Montgomery Clift. Je prépare mon sac pour la soirée de ce soir, j'aurai une petite table à ma disposition pour y présenter mon dernier né le Médusa "28. Le poids d'un Médusa (1 kg) m'oblige à la prudence, je n'en prendrai que 7, pas la peine de se faire un lumbago.

18: 03

Je me dis que décidément l'adage "jamais deux sans trois" n'a jamais été aussi prégnant. J'ai rencontré Hélène et Bruno lors des deux soirées précédentes où furent projetés Amer et L'étrange couleur des larmes de ton corps. A chaque fois, ces soirées coïncidaient avec la sortie d'un Médusa.

18:59

J'arrive au Majestic, j'y croise un habitué, responsable de la maisonnette d'édition : Les Âmes d'Atala, qui me présente L'égalité devant les asticots, une de ses dernières publications. Gabriel, le scopophile, nous rejoint et m'invite au Paon d'Or.

19:37

Autour de quelques "queues de charrues", je présente à Hélène et Bruno, le dernier Médusa. Leur enthousiasme me réconforte et nous devisons autour du sommaire, de la mise en page, du tirage.  Je ne veux pas trop parler de leur film, je veux le découvrir entièrement. J'avais vu la bande-annonce aux Hallucinations Collectives mais je n'ai pas regardé la dernière  pour arriver "vierge" de toutes images.

20:01

La séquence  commence dans quelques minutes. Devant le Majestic, deux chasseurs d'autographes accostent Hélène et Bruno. Ils leur font signer quelques photos et une affiche, et les prennent en photo le Médusa à la main, comme la dernière fois à l'occasion de L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps. J'imagine ses photos encadrées au-dessus de leur cheminée entre un dauphin et le portrait de la belle doche et j'éclate de rire.

20:04

La salle est comble, moi qui comptais m'installer avec les scopophiles, je me retrouve en plein milieu d'un rang, au cœur de la salle. Un spectateur m'interpelle à mon passage, il a bien reçu son Médusa ce matin, il est ravi, moi aussi. Je suis dans mon jardin.

22:04

Le troisième long-métrage de Bruno Forzani et d'Hélène Cattet est d'une richesse incroyable dont une vision unique ne suffit pas à en explorer toutes les nuances. Comme l'a dit une spectatrice, nous avons l'impression d'ouvrir un coffre au trésor d'où surgissent des gueules burinées rendant grâce au cinoche populaire français (Ferrara, Bonvoisin, Nisse, Sogne...), une ode à la golden shower, une incarnation féminine de Hel, la déesse de la mort à travers le personnage de Luce (incroyable Elina Lowenshom), des performances conjuguant hojojutsu, crucifixion et feux d'artifices, des duels Leoniens, du western spaghetti sauce bolognaise, des orgasmes, des chairs pénétrées, des coups de feu féroces, le tout magnifié par une bande-son à la gloire du Bis italien et à un son travaillé jusqu'au moindre froissement de cuir.  Chaque plan est une histoire à lui tout seul, un bonheur des sens... Du roman de Manchette reste l'âpreté d'un décor en ruines, la dureté de personnages jusqu'au-boutistes et un nihilisme typique des seventies. Le spectateur, tour à tour, chatouillé, désorienté, bluffé, stupéfait finit par se laisser emporter par ce tourbillon à l'esthétisme rare à une époque où tout est bâclé. D'un banal braquage engendré par l’appât du gain (des lingots d'or), jaillit un onirisme poétique éclaboussant les cœurs et les âmes.

Je vous invite tous à vivre cette expérience en salle, rares sont les films qui ne laissent pas indifférents, qui pénètrent, agressent, caressent les spectateurs... Courez-le voir !

22:34

Quelques exemplaires de Médusa sont vendus (6 sur 7), me voilà plus léger pour regagner mon huis !

23:13

Sur l'Autoroute, les images du film me hantent. Je repense à ces contre-jours, à ces nudités sublimés.

23:21

Qu'écrire sur un  film aussi flamboyant, si différent ? Les mots me paraissent atrocement creux.

19:47

Gabriel  nous parle d'un plan de The Burning (Carnage) assez stupéfiant. Je l'ignore encore mais je vais bientôt avoir les rétines fracturées par un soleil ardent...

"Et pour en finir, je ne veux pas crever, chercher l'intensité d'un soleil ardent...  et laissez bronzer les cadavres."

(D.L)


vendredi 13 octobre 2017

MEDUSA FANZINE n°28 disponible chez Hors Circuits et Métaluna Store

Alors que la nouvelle de la fermeture prochaine du Métaluna Store  a glacé une journée à la météo pourtant clémente, j'ai quand même fourni cette boutique qui m'a soutenu depuis le début en Médusa 28. Dépêchez-vous d'y aller avant la fermeture le 19 octobre prochain. ça fait chier et plus qu'un peu !

Médusa est également disponible à la librairie Hors Circuits (tenez-bon hein !), sise rue de Nemours à Paris. Outre le Médusa, vous y trouverez un choix de DVD, de livres et de fanzines.

Enfin Médusa sera également disponible via sin'art et les films de la gorgone dès la semaine prochaine.


jeudi 5 octobre 2017

MEDUSA FANZINE n°28 disponible !

Les 500 kilogrammes de Médusa sont arrivés ce matin à la maison. Si nombre d'entre eux ont d'ores et déjà trouvés preneurs grâce aux précommandes (plus de la moitié), le reste est désormais à votre disposition ! Hurry up !
C'est par ici que ça se passe sur la petite boutique de Médusa !
Pour les précommandes, les envois débutent dès le 5 octobre. Guettez votre facteur !


samedi 30 septembre 2017

LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES chez Bach Films !


Même dans nos songes les plus secrets, nous n'osions l'espérer : l'édition en France de ce chef d’œuvre du cinéma d'exploitation indonésien, j'ai nommé Le justicier contre la reine des crocodiles, véritable ode au cinéma populaire, déclaration d'amour au sérial d'antan, piédestal érigé à la gloire de Barry Prima, inoubliable guerrier pour la Rapi Films combattant dans un Kung Fu approximatif  les hollandais félons .

Dès les premiers numéros de Médusa , je déclarais ma flamme à ce cinoche complètement fou découvert dans les vidéoclubs de mon quartier, puis j'y revenais plus longuement dans le Médusa n°20. Ainsi, à propos de ce film, j'indiquais qu'il fallait prendre cette bande comme une "véritable bande dessinée live complètement hallucinante", généreuse en hémoglobine et en personnages excentriques (l'insatiable reine des crocodiles, Mondana (Barry Prima) chevauchant son rocher (?), un adepte de la guillotine volante, une sorcière que l'on peut découper selon les pointillés (un peu comme le bad guy du Guerrier), des sbires grimés en sauriens !
En outre, comme à chaque nouvelle aventure indonésienne, le mélange des genres est de rigueur : western, fantastique, film de sabre, heroic fantasy, gore, kung fu et même une nuance d'érotisme oriental (très soft)...


Prétendre qu'il s'agit là d'un achat obligatoire relève de l'euphémisme, si vous n'aviez qu'un film à vous procurer cette année, c'est celui-là !
Alors rendez-vous chez nos amis de Bach Films pour acquérir la galette ! (D.L)

chronique omplète à relire dans le Médusa Fanzine n°20

vendredi 29 septembre 2017

Un Festival, des Festivaux

Alors que se termine septembre dans des brumes matinales de plus en plus épaisses et que s'approche en grands pas la sortie tant attendue (en tout cas par mézigue) du Médusa Fanzine n°28, se profilent déjà des rendez-vous immanquables pour réchauffer l'atmosphère de l'Automne ou pour fêter dignement Halloween.

Le premier d'entre eux se déroulera le week-end prochain (dimanche 8 octobre) dans la capitale Wallone, Liège où se tiendra le deuxième Retro Wizard Day : des stands en pagaille, des fanzines comme s'il en pleuvait, des DVD en veux-tu en voilà, une abondance de bonne humeur, de rencontres sympathiques et des centaines d'occasion d'alléger son porte-monnaie... Pour l'occasion, j'ai même retiré quelques (très) vieux Médusa et quelques (très) anciens Hammer Forever ! Tout est sur l'affiche que je vous reproduis ci-dessous.

  La veille, le samedi 7 octobre aura lieu une soirée pré-convention lors de laquelle les convives assisteront médusés à la projection de la crème des courts-métrages actuels (Cruelle est la nuit, La quatrième nuit, le hibou, Révolution), une soirée au cours de laquelle il se dit que des Médusa 28 seront déjà en circulation...


Quelques jours plus tard, le 17 octobre aura lieu à Lille au cinéma Majestic une nouvelle soirée Bon Chic Mauvais Genre consacrée au nouveau long métrage de Bruno Forzani et Hélène Cattet : Laissez bronzer les cadavres. Une avant-première en présence des réalisateurs au cours de laquelle je présenterai aux habitués de ces séances le nouveau Médusa Fanzine !

 

 Enfin le troisième week-end de novembre (18 et 19 novembre), je serai de nouveau l'invité du salon (le dixième !) de la Bande dessinée de Valenciennes, un rendez-vous incontournable des Hauts de France où je disposerai d'une table pour la petite boutique de Médusa !







samedi 23 septembre 2017

L'Autrement n°5 disponible !

Chaque année, Sin’Art sort un nouveau numéro de L’Autrement, le fanzine de l’association, dont l’objectif est de faire un bilan de l’année précédente et mettre en valeur ses bénévoles, ses partenaires, ainsi que ses différentes activités. Exceptionnellement, ce numéro 5 de L’Autrement propose un bilan s’étendant sur deux années puisque, en raison d’une actualité chargée pour l’association, nous avons repoussé le numéro prévu en 2016. Au sommaire de ce cinquième numéro, vous trouverez le bilan des années 2015 et 2016, des entretiens avec Tommy Meini de feu L’Atelier 13 et de Guy Astic de Rouge Profond.

Le numéro est téléchargeable : ici

dimanche 17 septembre 2017

CINEFUN n°30 disponible

Alain Kaehr signe un trentième numéro de CinéFun (déjà !!!?), un ezine toujours aussi fun parce que le cinéma reste avant tout un plaisir !
C'est téléchargeable ici (en espérant qu'aujourd'hui ça marche, ah ah !)
Bonne lecture !


dimanche 10 septembre 2017

LA KERMESSE DES AIGLES chez Elephant Films





De George Roy Hill, j’apprécie tout particulièrement Abattoir 5, chef d’œuvre encore méconnu aujourd’hui,  mais qui demeure un des meilleurs films des années 70. Réalisateur solide (Butch Cassidy et le Kid, L’Arnaque), il offre dans La Kermesse des aigles un rôle taillé sur mesure à l’un de ses acteurs fétiches, Robert Redford, tout en décontraction, au sourire ravageur,  alors à l’apex de sa carrière. Scénarisé par William Goldman (Magic, Marathon Man, Les hommes du président, excusez du peu), The Great Waldo Pepper (son titre original) s’intéresse à la destinée des pilotes de l’armée de l’air dans les années 20, contraints pour subsister de participer  à des spectacles aériens, d’organiser des baptêmes de l’air et de risquer leur peau de plus en plus fréquemment  dans des acrobaties. Waldo Pepper (Robert Redford) est l’un d’eux, il a fondé sa propre mythologie sur son combat avec le baron allemand Ernst Kessler (inspiré de l’as de l’aviation germanique, Ernst Udet) dont il serait sorti victorieux. Lorsqu’après quelques aventures, il se retrouve cascadeur pour le cinéma, il retrouve son Némésis pour un dernier combat.
Si la reconstitution des années 20 est réussie, l’histoire épique manque un peu de souffle pour que le film décolle complètement. Certes, les cascades aériennes sont nombreuses mais, justement, le réalisateur en abuse un peu trop et dilue l’efficacité du récit qui aurait gagné à être plus condensé.  Le dernier combat apparait, en outre, un peu dérisoire alors que le grand moment du film arrive avec la disparition tragique du personnage incarné par Susan Sarandon. Un accident qui, au lieu de déprimer le producteur des spectacles, le comble de joie puisque le sang attire le public. Pendant la scène, nous restons persuadés que le héros (Redford) parviendra à sauver la demoiselle, coincée sur l’aile d’un biplan en plein vol, tétanisée par le vertige.
Le casting est de tout premier ordre, outre Redford et Sarandon, nous retrouvons une jeune Margot Kidder, pas encore pensionnaire de la maison du diable, Bo Svenson qui deviendra une gueule du Bis cantonnée aux rôles de militaire, Bo Brundin ou encore Geoffrey Lewis.
Sans être leur meilleur film (à la fois de Roy Hill et de Redford), La kermesse des aigles demeure un film d’aventures spectaculaires comme Hollywood en produisait savamment dans les années 70. La déshérence de ses anciens héros renvoie déjà l’Amérique à une certaine forme de syndrome post-traumatique alors qu’à l’époque du tournage, les USA en terminaient avec le Vietnam. Je ne sais pas si William Goldman y a pensé en écrivant son scénario mais les thèmes sont proches : que faire des héros de guerre une fois rentrés au pays ? Des monstres de foire, des résidents de cirque, des cascadeurs au cinéma ? Quelle que soit la guerre, les conséquences se ressemblent invariablement. Naturellement, La kermesse des aigles n’emprunte pas cette voie là mais nous ne pouvons pas nous empêcher d’y songer.
La copie d’Elephant Films (sortie le 5 septembre) est fort belle et s’accompagne comme à chaque fois de la bande annonce et des versions française et originale. Avec son savoir-faire habituel, Julien Comelli, dans un bonus,  contextualise le film et nous livre quelques infos essentielles sur la distribution et l’équipe technique.
D.L






samedi 9 septembre 2017

LE COMPLEXE DE FRANKENSTEIN en DVD et BluRay chez Carlotta le 27 septembre

Les lecteurs de Mad Movies connaissent bien Alexandre Poncet, rédacteur récurrent de la revue et sa passion communicative pour les effets spéciaux et les musiques de films. En compagnie de Gilles Penso (Ray Harryhausen : le titan des effets spéciaux), il signe ce documentaire consacré entièrement à ces magiciens du cinéma en charge de matérialiser à l'écran les idées les plus folles des scénaristes et des réalisateurs : Phil Tippett, Rick Baker, les frangins Chiodo, Greg Nicotero, Chris Walas, j'en passe et des meilleurs. En croisant leurs entretiens conjugués à des images d'archives et des extraits de films, le duo de réalisateur parcourt l'histoire des effets spéciaux, de Méliès à nos jours, passant en revue les différentes techniques du stop motion jusqu'aux décriés CGI mettant en exergue l'incroyable évolution de ces techniques. Certains commentaires démontrent combien les années 80 et 90 furent un véritable âge d'or pour le maquillage et les effets spéciaux et regrettent à mots couverts certaines évolutions technologiques qui ont gommé une part d'humanité et  d'émerveillement des créations, mais sans tomber dans l'anti-numérique primaire. Le récit fourmille d'anecdotes (les singes grimés en Gremlins qui ont chié partout !) alors que les images nous rappelle irrémédiablement tout un pan du cinéma Fantastique et de notre cinéphilie  : ah ces extraits de Killer Klowns rien que pour ça le film vaut le coup à mes yeux. C'est là la plus belle des réussites de ce documentaire, celle de nous inclure dans cette Histoire avec un grand H car les films évoqués, les monstres que nous avons adorés,  ont jalonné notre existence, la marquant de manière indélébile. D'ailleurs, la conclusion où chacun parle de ce métier hors-norme en insistant sur la créativité, sur l'émerveillement et sur l'âme d'enfant,  rejoint finalement ce que nous autres, les ados des années 80, les enfants des vidéoclubs recherchons irrémédiablement dans le cinéma Fantastique : des madeleines de l'enfance que nous adorons croquer en souvenir de nos belles années.
En outre, il est intéressant de donner la parole à ces artisans, à ces artistes (Phil Tippett d'une philosophie bluffante) nous permettant de mettre un visage sur des noms dont nous avons adulé le travail. Les précurseurs ne sont pas oubliés : Mélies, Jack Pierce, Lon Chaney, Dick Smith traversent également ce documentaire.
Le DVD édité par Carlotta foisonne, en plus, de suppléments fleurant bon la caverne d'Ali Baba : dans l'antre de Rick Baker, de Tom Woodruff, l'art de Kevin Yagher, entretiens avec Christophe Gans, Joe Dante ou encore John Landis. Une seconde galette remplie jusqu'à la gamelle de "compléments" au documentaire pour poursuivre le voyage dans cet univers singulier.
Un achat indispensable pour tous les fantasticophiles ! (D.L)




lundi 4 septembre 2017

la fin de l'été, ma pomme chez Monsters Squad et B.MOVIE POSTERS Volume 1

Alors que les marmots reprennent le chemin de l'école le sac Dora l'exploratrice rempli jusqu'à la gamelle de feuilles blanches à noircir et de colle à renifler, la Terre ne cesse pas subitement de tourner bien au contraire.
Pendant que les précommandes du Médusa Fanzine n°28, qui a rejoint l'imprimerie dans les ultimes heures chaudes d'aout, battent leur plein (vous n'avez pas encore précommandé, par le pouvoir su crâne ancestral,  c'est par ici), la joyeuse bande de fous furieux de Monsters Squad, par l'intermédiaire de l'âme damnée  Pascal Gillon m'a interviewé de façon ludique et détendu, et m'a posé leur fameux questionnaire de presque Proust. Je vous file le lien de cet entretien mais profitez-en également pour visiter les lieux, il y a de la très bonne lecture  : Monsters Squad



Autre précommande en cours et qui fait saliver l'amoureux des belles affiches que je suis, B-MOVIES POSTERS volume 1, un ouvrage signé Damien Granger et qui ravira j'en suis certain tous les fantasticophiles. La campagne Ulule est en cours pour nous, vous, te, ME permettre de compulser ce bel objet près de ma cheminée pour Noël. J'en ronronne d'avance.

 Rendez-vous dès maintenant sur la page du projet où tout est expliqué (les contributions, le sommaire, quelques exemples d'affiches, j'en passe et des meilleurs !) : https://fr.ulule.com/b-movie-posters-2/

Enfin, vous aurez remarqué que je chronique quelques DVD ou Blu-Ray sortis récemment, j'ai décidé en effet de relayer sur ce blog quelques éditions pour dynamiser de nouveau ce blog, j'espère que vous y trouverez votre compte, viva Médusa !

samedi 2 septembre 2017

SAUVEZ LE NEPTUNE chez Elephant Films




Deuxième film de la vague éditée par Elephant Films, Sauvez le Neptune, millésimé 1978 arrive tardivement après le cortège de films catastrophe des années 70 (La Tour infernale, L’aventure du Poséidon, 747 en péril, Airport, Terreur sur le Britannic, etc.). Il appartient au sous-genre du catastrophisme axé sur la défaillance technique d’un moyen de transport (avion, bateau, zeppelin ou ici sous-marin), alors que l’autre tendance s’articule autour des fléaux naturels (éruption volcanique, ouragan, tremblement de terre, changement climatique, tsunami…).
Le Neptune, un sous-marin de l’US Navy, remonte à la surface au terme de la dernière mission de son commandant (Charlton Heston). Dans un épais brouillard digne du légendaire Fog londonien, il percute un chalutier qui passait par là et s’échoue au fond de l’océan aux abords d’une faille. Les secours s’organisent alors que la tension augmente au contraire des réserves d’air dans le vaisseau.
Alternant scènes de huis clos dans le sous-marin en péril et extérieurs sur les secours qui s’organisent, le film de David Greene suit un schéma ultra balisé : les premières victimes, les blessés qui agonisent, les rivalités naissantes, les désobéissances, les tentatives avortées, les recherches infructueuses et le climax final où l’héroïsme sacrificiel (David Carradine) triomphe. Un film sans surprise donc mais réellement plaisant. Déjà, tout a un sens et si, dès le numéro 1 de Médusa Fanzine en 1989, j’avais publié une filmographie de Charlton Heston, c’est que cet acteur formidable (Les 10 commandements, Soleil Vert, La planète des singes…) était et demeure une de mes idoles de jeunesses avec John Wayne, Bruce Lee, Johnny Weismuller et quelques autres. Son unique présence m’incite d’emblée à acquérir le film. Dire qu’il est parfait dans le rôle du commandant rongé par la culpabilité relève du doux euphémisme. C’est un rôle taillé pour lui conjuguant autorité et humanisme : il s’enquiert fréquemment de la santé des blessés tout en étant intransigeant avec ceux qui entravent le sauvetage. Au casting, nous retrouvons également David Carradine alors auréolé de la gloire de la série Kung Fu, il incarne l’inventeur d’un sous-marin de poche qui permettra de retrouver l’épave. Son co-pilote n’est autre que Ned Beatty dont le sort dans Délivrance en avait traumatisé plus d’un. Parmi les autres acteurs, nous remarquons évidemment Stacy Keach, Ronny Cox et Christopher Reeve juste avant qu’il ne devienne Superman à tout jamais.
Parmi les meilleurs moments du film, signalons cette scène assez incroyable où l’équipage coincé au fond de l’océan ne trouve rien de mieux que de regarder Les dents de la mer pour passer le temps ! Mal leur en prend puisque les choses s’aggravent sérieusement durant la projection !
Sans être dans le top 5 du film catastrophe, Sauvez le Neptune réussit à divertir le spectateur en le tenant en haleine jusqu’à la dernière bobine. Les présences d’acteurs confirmés et un huis clos relativement bien maitrisé par David Greene suffisent à élever cette bande au-dessus de la  ligne de flottaison.
Du côté des bonus, la même équipe que pour Le Toboggan de la mort, nous dispense des informations toujours pertinentes sur le film, Julien Comelli présentant même ce filon d’exploitation à lui seul que constitue le film de « sous-marin » traversant les genres du film de guerre à l’espionnage en passant par le film catastrophe. Le documentaire, La dame grise (en référence au titre original : Gray Lady Down) d’une dizaine de minutes s’avère informatif sans être rébarbatif. C’est tout ce que l’on demande à un bonus !
D.L